Charte éditoriale


Gouvernance éditoriale

Charte éditoriale

Ce que DYNAPAD-RDC publie, ce qu’elle ne publie pas, et selon quel circuit de validation.

1. Objet et portée

La présente charte régit l’ensemble des contenus publiés sur dynapad-rdc.org et sur les canaux officiels de la Dynamique pour la Paix et le Développement en RDC : analyses, publications, prises de position, revue de l’actualité, communications sur les réseaux sociaux. Elle s’applique aux membres du Conseil d’administration, aux contributeurs invités et à tout dispositif de veille, automatisé ou non.

Elle a une fonction simple : garantir qu’aucun contenu ne paraisse sous le nom de DYNAPAD-RDC s’il ne sert pas notre vision — ou s’il n’est pas explicitement recadré à la lumière de celle-ci.

2. Notre boussole

Toute décision de publication se juge à l’aune de notre devise — Indépendance, Rigueur, Intégrité, Paix — et de notre vision : une RD Congo stable, réconciliée et prospère, au sein d’une région des Grands Lacs pacifiée, fondée sur le respect de la souveraineté des États, de l’intangibilité des frontières, de la coopération régionale et de la résolution pacifique des différends.

Le test en une phrase. Avant toute mise en ligne : « Ce contenu aide-t-il un lecteur de bonne foi à mieux comprendre les dynamiques de la région, et le fait-il d’une manière que nous pourrions défendre publiquement devant un contradicteur ? » Si la réponse n’est pas clairement oui, le contenu reste en brouillon.

3. Critères d’admissibilité

Cinq critères cumulatifs. Un manquement sur un seul suffit à écarter le contenu ou à le renvoyer en réécriture.

Critère Ce que nous vérifions
Pertinence Le sujet touche la paix, la sécurité, la gouvernance ou le développement dans la région des Grands Lacs, avec une priorité pour l’Est de la RDC et pour le rôle de la diaspora.
Alignement Le contenu sert la pacification, le dialogue et la coopération. Il ne relaie ni ne banalise un discours qui les contredit.
Rigueur Faits sourcés et vérifiables, méthode explicite, distinction nette entre le fait établi, l’hypothèse et l’opinion. Toute donnée est datée et attribuée.
Indépendance Aucune complaisance envers un gouvernement, un parti, une confession, un groupe armé, un bailleur ou une communauté. Les conflits d’intérêts sont déclarés en amont.
Licéité et dignité Droits d’auteur respectés et licence vérifiée ; respect de la vie privée, de la présomption d’innocence et de la dignité des personnes, en particulier des victimes et des mineurs.

4. Les trois genres et leurs règles

Analyses & publications

Travaux produits par DYNAPAD-RDC. Signature de l’auteur, date, sources citées, méthode indiquée. Relecture par deux membres du comité de rédaction, dont un n’ayant pas participé à la rédaction. Les analyses engagent leur auteur ; elles n’engagent l’association que si le Conseil d’administration le décide expressément.

Prises de position

Elles engagent l’institution. Elles sont adoptées par le Conseil d’administration, ou à défaut validées conjointement par le Président et le Secrétaire général. Elles sont datées, brèves, argumentées, et énoncent ce que nous demandons et à qui. Aucune prise de position ne se publie dans l’urgence émotionnelle d’un événement : un délai minimal de réflexion de vingt-quatre heures s’applique, sauf décision contraire du Président.

Revue de l’actualité

Sélection commentée de publications institutionnelles extérieures. Trois exigences non négociables : la source est nommée et liée ; la licence est indiquée ; le contenu est accompagné d’une note de cadrage DYNAPAD de trois à six lignes qui explique pourquoi il compte et ce que nous en retenons. Sans note de cadrage, il n’y a pas de publication — seulement un lien mort dans un brouillon.

Ce que nous ne faisons jamais. Recopier un rapport extérieur sans le nommer. Reprendre un titre de presse tel quel comme s’il était notre analyse. Laisser croire, par le silence, que nous endossons une thèse que nous n’avons pas examinée.

5. La règle du recadrage

Un contenu qui contredit notre vision peut être publié, mais à une seule condition : qu’il le soit pour être recadré. Le recadrage n’est pas un avertissement décoratif ; c’est un travail éditorial qui obéit à quatre exigences :

  1. Le contenu d’origine est présenté fidèlement, sans caricature — un lecteur qui adhère à cette thèse doit s’y reconnaître.
  2. Ce qui est factuellement exact y est reconnu comme tel, même si la conclusion nous déplaît.
  3. Le désaccord est argumenté sur les faits et la méthode, jamais sur l’origine, l’appartenance ou les intentions supposées de l’auteur.
  4. Le recadrage est signé et engage son auteur.

Un contenu qu’on ne peut pas recadrer sérieusement faute de temps ou de compétence n’est pas publié. L’absence de réaction est préférable à une réaction faible.

6. Lignes rouges

Jamais publié, sous aucun format, y compris en citation approbative :

  • tout discours de haine ou de stigmatisation fondé sur l’ethnie, la nationalité, la région d’origine, la religion, le genre ou l’orientation sexuelle ;
  • tout appel à la violence, à la vengeance ou à la justice expéditive, et toute glorification d’acteurs armés ;
  • toute information non vérifiée présentée comme établie, et toute image ou vidéo dont l’origine et la date n’ont pas été authentifiées ;
  • tout contenu de campagne électorale ou de soutien partisan, en RDC comme au Canada ;
  • toute identification de victimes, de témoins ou de mineurs sans consentement libre et éclairé, ainsi que toute image susceptible de mettre une personne en danger ;
  • tout contenu protégé par le droit d’auteur sans autorisation ou licence compatible ;
  • toute attaque personnelle, et toute réponse à une polémique menée sur le registre de l’invective.

Sur les questions de souveraineté et de frontières, notre position est publique et constante : nous ne relayons pas, sans recadrage explicite, les thèses remettant en cause l’intangibilité des frontières et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

7. Circuit de validation

1

Proposition. Un contenu entre dans le circuit sous forme de brouillon : soit rédigé par un membre, soit issu de la veille quotidienne automatisée, qui dépose chaque matin une sélection de publications institutionnelles avec leur source, leur licence et un projet de note de cadrage.
2

Rapporteur. Un membre du comité de rédaction prend le brouillon en charge, vérifie les cinq critères d’admissibilité et complète ou réécrit la note de cadrage. Les propositions non retenues sont supprimées, pas laissées à dormir.
3

Double relecture. Deux membres relisent : l’un sur le fond, l’autre sur la forme et la conformité à la charte. Le désaccord d’un seul relecteur suspend la publication.
4

Validation institutionnelle. Pour une prise de position, l’accord du Conseil d’administration est requis, ou à défaut celui du Président et du Secrétaire général.
5

Publication et archivage. Mise en ligne avec date, catégorie, auteur, sources et mention de licence. La version validée est archivée telle quelle.

8. Cadence et discipline

  • Veille quotidienne : dépôt automatique de brouillons chaque matin ; le rapporteur du jour les traite dans les vingt-quatre heures.
  • Revue de l’actualité : une à trois parutions par semaine. Mieux vaut trois notes solides qu’une avalanche de liens.
  • Analyses : au moins une publication substantielle par mois.
  • Comité de rédaction : réunion hebdomadaire fixe, ordre du jour bref, décisions consignées.

Le silence est une option éditoriale légitime. Une organisation qui parle de tout perd le droit d’être écoutée sur ce qu’elle connaît.

9. Attribution, licences et citation

Chaque contenu repris mentionne l’auteur, l’organisation, la date, le titre exact et le lien vers la source. La licence est indiquée explicitement — domaine public, Creative Commons avec sa déclinaison, licence institutionnelle de réutilisation, ou autorisation écrite. En cas de doute sur les droits, nous citons brièvement et renvoyons vers la source plutôt que de reproduire. Les photographies suivent la même règle que les textes.

10. Erreurs, corrections et droit de réponse

Une erreur factuelle est corrigée sans délai et signalée en bas de l’article, avec la date de la correction et sa nature. Nous ne modifions jamais silencieusement un contenu publié. Toute personne ou institution mise en cause peut demander un droit de réponse, examiné dans les cinq jours ouvrables ; le refus est motivé par écrit. Cette transparence n’est pas une contrainte subie : elle est la condition de la crédibilité que nous revendiquons.

11. Comité de rédaction

Le comité de rédaction est désigné par le Conseil d’administration. Il compte au minimum trois membres et exerce quatre fonctions : le tri des propositions, la relecture croisée, la vérification de la conformité à la présente charte, et la tenue du registre des décisions éditoriales — y compris les refus, motivés en une ligne. Un membre ne relit pas un contenu dans lequel il a un intérêt personnel, professionnel ou familial.

Grille de contrôle avant mise en ligne

Source nommée et liée · Licence vérifiée et mentionnée · Faits recoupés par au moins deux sources indépendantes · Note de cadrage rédigée et signée · Aucune ligne rouge franchie · Ton conforme à la devise · Catégorie et date correctes · Relecture croisée effectuée · Validation institutionnelle obtenue si prise de position.

Charte adoptée par le Conseil d’administration de DYNAPAD-RDC. Toute modification relève du Conseil d’administration. Version révisable annuellement.

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